Pour Noël, l’association a prévu une donation de cadeaux pour les enfants d’un village près de Goris. En amont de ce beau jour pour les enfants du village, nous avons reçu et trié les cadeaux. Entre-temps, nous avons eu quelques surprises dans la livraison, car trois jours avant, il nous manquait 160 cadeaux. Mais ne vous inquiétez pas, la livraison a été express et nous avons réussi à réorganiser les paquets un jour avant.
L’Arménie, ayant subi 80 ans de communisme, a vu certaines traditions bouleversées. L’une des mesures prises par l’URSS dans les pays sous son égide fut la suppression de Noël, remplacé par le Père Noël, ou « Dzmer Papik », qui signifie « grand-père de l’hiver ». Pour cette raison, les Arméniens vivent principalement le mois de décembre autour du 31 décembre, qui est la fête la plus importante, d’autant plus que Noël se célèbre le 6 janvier, comme dit précédemment.
Afin de rectifier le tir sans pour autant passer du noir au blanc — car dans ce cas-là, le risque serait qu’ils ne comprennent pas du tout — Armen m’a amené un costume de Père Noël. Avec moi, je portais une image que j’avais imprimée, dont la traduction française est :
« Le Christ est le vrai héros de Noël ».
Nous mettons les paquets cadeaux dans la voiture et partons pour le gymnase, ou salle polyvalente, à l’ambiance de Tchernobyl, avec une scène dont le centre est occupé par un trou de deux mètres de profondeur, réduisant fortement l’espace. Pour être un peu original, je mets des pièces en chocolat dans mon bonnet et dans ma poche, et cache ma hotte dans le trou afin de faire une petite mise en scène. Alors tout ça, c’est sur le papier… vous verrez.
Après une heure de préparation, les enfants commencent à s’installer dans la grande salle. L’ambiance monte petit à petit avec un chanteur plutôt connu qui vient chanter. Les enfants claquent des mains et les filles entament des danses traditionnelles. Attention, l’Arménie, et particulièrement Goris, étant très conservatrice, il était hors de question que je me joigne à la ronde formée par les filles ; j’ai même eu droit à un regard de dégoût… Mais je ne leur en veux pas, c’est à moi de m’adapter.
Enfin arrive le moment de l’arrivée du Père Noël. Je me retire, enfile mon costume et, après de multiples appels, je rentre dans la salle. Dans ma tête, je pensais avoir de l’espace pour bouger, mais je suis accueilli par une foule qui, à la sortie de ma première pièce en chocolat, commence à se battre et à me tirer les vêtements. Pris d’énervement, je retire mon bras un peu brusquement, et c’est Éléonore, la volontaire qui m’accompagnait, qui a pris le coude…
En plus d’essayer d’avancer dans cette mer d’enfants, je me prends les pieds dans ma veste de Père Noël et manque de m’étaler au sol deux ou trois fois. J’arrive enfin à atteindre l’échelle qui permet de descendre dans le trou de la scène et je brandis la hotte au-dessus de ma tête. Encore une fois, je n’ai pas fait grande preuve de résilience : ils se sont agglutinés dessus et j’ai finalement fui sur la scène, manquant la distribution que j’aurais pourtant bien voulu faire.
Pour la suite, je m’assois sur une chaise et donne, au fur et à mesure, les cadeaux aux enfants. Les petits sont super heureux et me font de grands sourires qui resteront gravés dans ma mémoire.
Quelques jours plus tard, rebelote, mais cette fois à côté de Vardenis. Avec de la musique et un peu plus d’espace, je peux faire un numéro un peu rigolo en me roulant par terre et en dansant pour leur donner leur cadeau. Je vous joins une vidéo, sinon on va me prendre pour un fou.
